J22 – O’brother
Déplacer les pierres, les bouts de tuiles cassées
Qui servirent autrefois, à stabiliser le passé
Qui permirent, plusieurs fois, de ne pas s’embourber
Aujourd’hui je les retire et les caresse, une à une, à mains nues
La radio crache des chiffres et des mensonges d’État
Dignes des pires épisodes de baron noir, saison 3
Au téléphone, ce sont les mêmes nouvelles que je débite
Le sang ne bout toujours pas, ou plutôt, pas assez vite
Alors je m’évertue, à tenir un rythme
Un simulacre de quotidien
Je fais semblant de rien, mais je survole tout
Un hymne à la routine pour tenir le coup
Me traverse l’urgence
Un certain coup d’état
Des scènes de vengeance
Et le coût des dégâts
Les pierres que je range dans mes seaux
Ne pourraient-elles servir comme argument de masse
Le jour ou les ministres et la garde des sceaux
Paraîtront devant le tribunal, le nôtre, celui de la masse?

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