J14 – Sur le volcan de Chirouze
Sur le volcan de Chirouze
Je guette mes chevilles qui risquent à tout instant de se tordre
Je repère les replats, souris devant les cairns et les spirales
L’être humain ne peut décidément pas s’empêcher de marquer son passage
De transformer un territoire en une sorte d’œuvre d’art
De répondre à la pureté hostile par sa vision du beau
Sur le volcan de Chirouze
Les pierres répercutent le son
De l’écho de nos pas
Un concert minéral grandeur nature
Des roches à perte de vue
Qui s’effritent
Lithophones en tube, en cube, en frite
Sur le volcan de Chirouze
Il y a encore, ça et là, quelques restes de ce que fût la montagne
Des masses verticales
Qui s’élancent
Et puis, ça et là, de vastes trous creusés par des dépressions souterraines
Mouvement invisible et pourtant incessant
Du passé perpétuel qui nous dépasse de loin, en taille et en temps
Un puzzle à l’échelle des millénaires déjà écoulés
Je mets un pas devant l’autre
Et c’est bien assez pour l’heure
Le monde est un peu en suspens
Alors pour l”instant
Je mets un jour devant l’autre
J’attends le prochain grondement

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