J9 – Couper la transe
Ça s’agite aux fenêtres
À ce qu’il paraît
Entre deux salves de bruit, on peut entendre quelques voix réclamer:
“De l’argent pour l’hôpital, pas pour le capital!”
D’ici, je sais juste qu’il y a moins d’avions qui traversent le ciel
Ça s’agite dans l’hémicycle
À ce qu’il paraît
Entre deux salves de mépris, quelques voix s’opposent et dénoncent:
“Temporaire mon cul mes chers collègues! Le coup d’état de l’urgence perpétuelle, ça ne passera pas!”
D’ici, je sais juste qu’il me reste un peu de larmes chaudes pour trouer la nappe blanche du silence
Mon insolence joue des coudes pour se frayer une place parmi les minutes d’insouciance
Garder chaud le muscle de l’indignation*, gonflé à bloc
Pour résister aux stratagèmes, aux tentatives d’intimidation, aux stratégies du choc
Ça s’agite dans mon corps
À ce qu’il paraît
Il faut que je me tienne prête
À renoircir le rang des rues pour l’Aïd El Kebir
Il y a longtemps,
Quand les humains organisaient la vie publique autour de rites
Frapper les mains l’une contre l’autre servait à
Couper
La
Transe
Qui faut t’il applaudir?
Que faut-il arrêter?
Quels rituels nous restent-il à inventer?
*mots issus des lignes de suite du livre Le camp des Autres, de Thomas Vinau

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